Psychanalyse et Spririrualité
mardi 5 décembre 2006
1 - La psychanalyse : Présentation
a- Définition sommaire de la psychanalyse.
C’est une approche psychothérapeutique et une théorie de l’être humain, un moyen de connaissance.
Elle a été mise au point par Sigmund Freud à la fin du 19 ieme, début du 20 ieme et a connu en 100 ans beaucoup de développements, de diversifications. De cette approche initiale sont nées d’autres approches comme l’analyse jungienne et plus tard croisant avec d’autres influences, la Gestalt-thérapie, la Bio-énergie, etc.
Son postulat de base est : « Nous ne sommes pas maître en notre demeure », c’est-à-dire qu’il y a en nous des processus inconscients à l’œuvre et pas seulement des processus conscients. C’est ainsi que nous agissons parfois malgré nous, que nous répétons des scènes contre notre volonté. Les psychanalystes ont développé à la suite de S. Freud et de CG. Jung une véritable connaissance du fonctionnement psychique qui concerne :
Les rapports du conscient et de l’inconscient.
Les rapports psyché /soma.
Les rapports humains.
Cette évolution de la psychanalyse ne s’est pas faite sans difficultés. Il y a eu des divergences de vues, des conflits, des ruptures.
Une des plus célèbres est celle qui opposa Freud et Jung. Les principales différences concernent :
La définition de l’inconscient.
Les rapports entre l’inconscient et le conscient.
La définition de la libido.
La place et la fonction accordée à la spiritualité.
C’est principalement à l’approche jungienne qu’il sera fait référence dans cet exposé, telle qu’elle m’a été transmise et telle que je l’ai comprise et intégrée.
b- structuration du moi
Arnaud Desjardins, enseignant spirituel français, nous dit : « Il faut d’abord un ego structuré pour qu’il puisse ensuite disparaître » (c’est-à-dire ne plus être le seul guide, moteur, le seul référent de notre être).
Quelqu’un qui a un ego peu, pas ou mal structuré peut être en danger s’il s’engage sans précaution ni discernement sur un chemin spirituel. Les dangers les plus fréquents sont : Risque de décompensation, illusions, dissociation de la personnalité, gonflement de l’ego, etc.
L’analyse sert à structurer (et non renforcer) l’ego, le moi mais ne sert pas seulement à ça... ! Car la rencontre avec l’Inconscient amène quand on pousse suffisamment loin la démarche et que l’on a la maturité nécessaire pour cela, à une autre rencontre : celle du centre de l’être, le Soi. C’est le chemin de l’individuation qui permet un Moi de moins en moins égotiste, de plus en plus détendu, ouvert, relié au Soi .
c-Conditions de l’analyse.
Pour beaucoup, l’analyse c’est d’abord une aide : Les personnes viennent parce qu’elles souffrent. Elles ont aussi le désir de mieux se connaître, d’appréhender le sens de leur souffrance. La souffrance cherche à dire quelque chose qui concerne le sujet, qui s’origine dans une histoire. On rejoint ici la notion de finalité de l’Inconscient telle que définit par Jung. L’Inconscient n’est pas régit uniquement par le principe de causalité mais aussi par celui de finalité : quelque chose en nous pousse à aller dans le sens de notre devenir, quelque chose cherche à se réaliser et cela ne dépend pas de notre Moi conscient.
Quelqu’un qui veut guérir sans poser ce regard sur lui-même ne s’engage pas dans une analyse. Il faut cette condition de base.
Il y a bien sûr d’autres conditions d’ordre cliniques et psychopathologiques qui ne seront pas abordées dans cet exposé.
L’argent
Ca coûte en temps, en argent, en énergie. Un lama avec lequel je parlais un jour du
coût de l’analyse que certains trouvent trop élevé me dit : « C’est comme dans le Dharma (les enseignements bouddhistes) : Ce qui a de la valeur coûte ». C’est le prix pour grandir, lâcher les illusions,...
d-Méditation et analyse
L’approche spirituelle, le dharma et l’analyse n’interviennent pas au même niveau. De façon simplifiée, on pourrait dire que le dharma travaille sur l’essence de la souffrance tandis que la psychanalyse intervient sur la texture de la souffrance.
Même si les objectifs sont différents, on peut voir un parallèle entre les deux approches en ce qui concerne les deux buts possibles :
Pour le but relatif : Dans la méditation, c’est le recentrage, la détente, etc. Dans l’analyse, c’est aller mieux.
Pour le but absolu : Dans la méditation, c’est la connaissance de la véritable nature de l’esprit. Dans l’analyse, c’est la connaissance de soi.
Donc l’analyse à quoi ça sert ?
Pour Jung, l’analyse sert à mettre en route le processus d’individuation et de guérison.
On était étranger à soi-même, décentré, aliéné c’est-à-dire sans lien, et on va revenir à soi-même, se recentrer, se réaliser dans sa singularité. On reprend conscience... !
« Il faut d’abord se retrouver soi-même, vraiment soi-même, dans le relatif, pour pouvoir accéder à soi-même dans l’absolu, c’est-à-dire, l’Atman » (ou en d’autres termes à ) « la nature de Bouddha...Il faut d’abord trouver sa réalité dans un sens plus humble et plus relatif. C’est la première partie de la tache » Arnaud Desjardins.
Pour Jung, le psychisme est un processus, quelque chose en mouvement plutôt qu’une structure fixe.
C’est un processus qui tend vers l’auto réalisation de ses capacités ou au contraire vers une déstructuration, une fixation dans la maladie.
Dans le bouddhisme, on parle de la transformation des émotions perturbatrices (colère, jalousie, le désir attachement, l’ignorance, l’orgueil) en sagesse. L’analyse peut faciliter ce processus de transformation dans la mesure où les nœuds psychiques vont peu à peu émerger à la conscience, se défaire et amener un apaisement des affects.
Par exemple, la colère de ne pas avoir été aimé selon son désir ou son besoin va se transformer chez quelqu’un en tristesse puis en conscience plus approfondie de la situation et pour finir en acceptation.
De même le pardon n’est pas affaire de volonté mais le fruit d’un cheminement intérieur qui peut parfois être long.
La démarche analytique procède du célèbre « Connais toi, toi-même et tu connaîtra le monde et les Dieux » de Socrate et il faut bien entendre le « par toi-même » et non par un autre qui serait censé posséder un savoir sur soi...
Suite du texte dans le document ci-joint.
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PYSCHANALYSE ET SPIRITUALITÉ : Intégralité de l’exposé de Pascale Gérard, psychanalyste et psychothérapeute, présenté lors du séminaire d’automne 2003.
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