Bouddhisme et psychothérapie
lundi 4 août 2003
Brazier D.
Ed. J-C Lattès
2000
350 pages
Cette note de lecture est gracieusement offerte par le site http://www.bouddha.ch
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L’auteur démontre par le Zen ce que j’explique à mes élèves, à savoir que les enseignements du Bouddha sont la plus fabuleuse étude des mécanismes de l’esprit et de la pensée qu’aucun maître n’ait pu donner de tous temps. Si psychothérapie veut dire thérapie de l’âme, cet ouvrage s’inscrit dans cette démarche explicative, en partant des premiers pas jusqu’au retour chez soi, en passant par diverses étapes interposées au bout desquelles la nature de bouddha, résidant en chacun, s’avère en être la finalité primordiale.
Ce n’est au travers de la solitude la plus complète où le méditant se trouve face à lui-même, que l’en-Vie transcende sa quête personnelle lui permettant d’Être pleinement, même en mouvement. Chacun a sa propre appellation méthodique, que ce soit vigilance, attention, pleine conscience, mais le processus de mise en pratique est identique pour parvenir à se libérer de ses souffrances. Guérir les patients des traumatismes de leur psyché, tel est le but poursuivi par une armada impressionnante de psys de tous acabits, parmi lesquels ceux connaissant et appliquant l’ordonnance du Dr Bouddha leur permettent de parvenir à cette sérénité équanime, garante de bonheur. S’appuyant sur une étude fouillée, solidement étayée de l’Abidharma (en particulier de 18 des 24 paccaya ou relations), l’auteur fin connaisseur, fervent pratiquant et praticien lui-même explique les multiples apports du bouddhisme dans sa compréhension et sa relation au malade, con-testant certains points de l’approche occidentale tout en incitant à la prudence face à un recours désordonné à certains exercices pseudo-bouddhiquement conceptuels.
Dans ses sources référentielles, on trouvera Freud, Husserl, Jung, Rogers, Thich Nhat Hanh, Kelsang Gyatso, D.T Suzuki, Chögyam Trungpa, A. Watts prouvant ainsi que le dialogue peut s’établir, valablement et tangible-ment, entre Orient et Occident pour le bénéfice de tout patient. Un glossaire instructif clôt le présent ouvrage qui, à part les intrusions, hétérogènes au Zen comme celles des termes sanscrits et pâlis (alors qu’il y a une terminologie japonaise bien définie entre autres par Suzuki, Deshimaru, Durix), du Naïkan (issu du Jôdôshinshu), d’Amida et de Maitreya, s’avère être un commentaire d’une sa-gesse de Vie.
En dépit d’une sincère honnêteté vis-à-vis de lui-même, d’une description sans fard du travail du psy, de la justesse de nos travers, de l’effervescence de l’esprit et de la réadaptation cosmique de la nature de bouddha, certains pas-sages fleurent, parmi lotus et pruniers, le New Age, auquel le Zen apporterait caution... à l’insu de son plein gré ! N’étant pas sur des charbons ardents quant aux écoles zen dans ce brazier, j’ai apprécié de ne voir que du Rinzaï et pas l’ombre d’un sot Ô ! Ecoute, compassion et sagesse sont les maîtres-mots de cet ouvrage fort dense, voire touffu mais très révélateur de l’apport des richesses méthodologiques du Bouddhisme quant à la libération de nos multiples insatisfactions.
Bon manuel de travail sur nos souffrances.
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